Refonte de site : faites l'inventaire de vos URL d'abord.

Le premier livrable d'une refonte n'est pas une maquette, c'est un tableur. Il liste chaque adresse de l'ancien site et la décision qui la concerne.

Avant les maquettes, le tableur.

Quand on me demande une refonte, on s'attend à ce que je revienne avec des propositions graphiques. C'est la partie visible, celle qu'on imagine quand on pense « nouveau site ». Je commence par autre chose : la liste de toutes les adresses de l'ancien site.

C'est la réunion la moins enthousiasmante d'un projet, et celle qui décide si vous garderez votre visibilité.

Ce qu'un site a accumulé sans que personne le note

Un site qui existe depuis quelques années porte des choses que son propriétaire a oubliées. Une page de service écrite au lancement et jamais retouchée, qui reçoit pourtant des visites tous les jours. Un article de blog rédigé un dimanche soir, qui se trouve bien positionné sur une question précise. Une ancienne page promotionnelle vers laquelle un partenaire pointe encore.

Ces pages ont une valeur qui ne se voit pas sur le site lui-même. Elle se voit dans les statistiques, dans la Search Console, dans les liens que d'autres ont créés vers vous au fil du temps.

Une refonte, techniquement, c'est un changement d'adresses. Vos pages ne s'appelleront plus pareil. Or les moteurs, les liens externes, les favoris de vos clients et les vieux e-mails pointent tous vers les anciennes.

Une refonte réussie n'ajoute pas seulement un nouveau site. Elle emmène l'ancien avec elle.

Le mécanisme, sans jargon

Quand une adresse disparaît sans être redirigée, celui qui la demande obtient une page d'erreur. Un visiteur repart. Un moteur, lui, finit par retirer la page de son index, et l'historique qu'elle avait accumulé s'évapore avec elle.

La redirection permanente sert exactement à ça : elle dit « cette page a déménagé, voici sa nouvelle adresse », et transmet à la nouvelle une bonne part de ce que l'ancienne avait construit. C'est ce que j'évoquais rapidement dans l'article sur WordPress, et qui mérite mieux qu'un paragraphe.

Trois erreurs reviennent constamment, et je les vois sur des sites refaits par des professionnels :

  • Tout rediriger vers la page d'accueil. C'est le raccourci le plus tentant et le plus coûteux : celui qui cherchait une réponse précise atterrit sur une page générale, et le moteur comprend que le contenu n'existe plus vraiment.
  • Empiler les redirections. Une page renvoie vers une autre, qui renvoie encore ailleurs. Chaque étape ajoute du délai et dilue le bénéfice.
  • Supprimer sans regarder. Une page jugée moche est parfois celle qui vous amène des clients depuis trois ans.

Ce qu'il y a dans le tableur

Une ligne par adresse existante. Quatre colonnes : l'ancienne adresse, ce que la page contient, ce qu'elle reçoit comme visites, et la décision, elle devient quoi.

Quatre décisions possibles, pas une de plus : elle est reprise telle quelle, elle est fusionnée avec une autre, elle est réécrite, ou elle disparaît et on assume. Dans les trois premiers cas, on note la nouvelle adresse. Dans le dernier, on note vers quoi rediriger malgré tout.

À la fin, ce document est le plan de la refonte. Il dit ce qui se garde, ce qui se jette, et pourquoi.

Vous reconnaîtrez la méthode si vous avez lu les articles précédents : on ne décide rien avant d'avoir la liste. C'est vrai pour la double saisie, c'est vrai pour les scripts qui ralentissent une page, et c'est vrai ici. Le réflexe est plus utile que le sujet.

Ce que ça change dans la relation

Cette étape déplace complètement la conversation. Au lieu de discuter de couleurs pendant trois réunions, on discute de contenu : cette page vous amène des clients, pourquoi ne pas la développer ? Celle-là ne sert plus depuis deux ans, on la garde ?

Le client découvre son propre site. Beaucoup ignorent quelles pages travaillent réellement pour eux, et c'est normal, personne ne leur a montré.

Et le jour de la mise en ligne, il n'y a pas de surprise. On savait ce qui allait se passer pour chaque adresse, parce que c'était écrit.

Faites-le vous-même, avant même de choisir un prestataire

Si vous envisagez une refonte, ouvrez votre Search Console et exportez la liste de vos pages avec leurs impressions et leurs clics. C'est gratuit, ça prend un quart d'heure, et vous saurez ce que vous avez à protéger.

Montrez cette liste au prestataire que vous consultez. Sa réaction vous renseignera : s'il vous parle immédiatement de redirections et vous demande ce que chaque page doit devenir, vous êtes au bon endroit. S'il l'écarte pour revenir aux maquettes, vous savez ce qui vous attend à la mise en ligne.

Si vous voulez que je m'en charge, l'inventaire et les redirections sont compris dans le Pack Refonte, avec l'audit du site existant.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je ne redirige pas mes anciennes URL ?

Celui qui demande l'ancienne adresse obtient une page d'erreur. Le moteur finit par retirer la page de son index, et l'historique qu'elle avait accumulé disparaît avec elle.

Peut-on rediriger toutes les anciennes pages vers la page d'accueil ?

C'est le raccourci le plus coûteux. Le visiteur qui cherchait une réponse précise atterrit sur une page générale, et le moteur comprend que le contenu d'origine n'existe plus.

Comment lister mes pages avant une refonte ?

Exportez la liste de vos pages depuis la Search Console, avec leurs impressions et leurs clics. C'est gratuit et cela prend un quart d'heure.

Sur le même sujet : pourquoi je ne livre pas de site WordPress, et ce que comprend une refonte.

Vous avez sorti votre liste d'URL ?

Exportez vos pages depuis la Search Console avec leurs impressions et leurs clics, puis envoyez-moi le tableur. Je vous dis ce qui se reprend, ce qui fusionne et ce qui se redirige.

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